¼ de finales des play-off : Carouge au bout du suspense !

CAROUGE Natation – GENEVE Natation : 7-5
(3-2 / 1-2 / 2-0 / 1-1)

Contrat rempli pour Frédéric DURAND et ses joueurs après cette victoire face au rival de toujours, le Genève Natation 1885. Avec les bras levés au ciel faisant le grand V de la victoire au coup de sifflet final, le geste du technicien français illustrait la joie et le soulagement de toute une équipe et dirigeants carougeois, tant cette série fut crispante et intense.

Carouge remporte la série par 2 victoires à 1.

Oui, n’ayons pas peur de le dire, même en l’absence de son buteur Romain BLARY, CAROUGE était logiquement et légitimement favori avant ce quart de finale, d’autant plus que Genève était lui aussi privé de son atout offensif Marin STIPIC, rentré en Croatie pour des raisons familiales.

Favori car les joueurs de Carouge en atteignant la troisième place de la phase régulière, avait l’avantage du terrain en recevant deux fois, alors que son rival du jour se classait à la sixième place de cette première partie du championnat. Lors de la phase régulière les Carougeois s’étaient d’ailleurs facilement imposés par deux fois devant leur adversaire.

Favori aussi, car sans leur atout numéro un en attaque, Romain BLARY, Carouge avait réussi à prendre sa revanche sur le SC SCHAFFOUSE (13-11) lors de l’avant-dernière journée de cette première phase. Une victoire importante car elle démontrait toute la force collective de cette équipe dirigée par Frédéric DURAND, et surtout une victoire qui permettait à CAROUGE d’affronter Genève et éviter ainsi l’équipe d’Horgen, un adversaire autrement plus difficile à jouer.

Ce n’est jamais de la prétention ou un manque d’humilité de savoir afficher ses ambitions, de reconnaître qu’un adversaire est plus facile à jouer qu’un autre, tout en respectant bien évidemment cet adversaire supposé à sa portée. Un entraîneur ‘’se fétiche’’ toujours un peu, a plutôt tendance à minimiser un rapport de force favorable, en évoquant la fameuse incertitude du sport. Parfois il arrive aussi dans cette situation de favori, que certains joueurs peuvent se liquéfier ou tout simplement sur jouer, alors qu’en face, libéré de toute pression du résultat, le présumé outsider joue sa meilleure partition.

Il est toujours difficile d’analyser avec précision la performance d’une équipe dans un affrontement. Est-ce l’adversaire qui vous a fait déjouer ? Ou qui vous a permis de briller ? Ou est-ce une performance due à votre rendement intrinsèque, le fameux ratio entre les fautes directes et les fautes provoquées qui permet de mieux comprendre la performance accomplie. La réponse se situe très certainement à mi-chemin, car si Genève s’est montré accrocheur et valeureux dans cette série, affichant cependant un pourcentage rédhibitoire en supériorité numérique, les trois rencontres de ce quart de finale ont montré également que CAROUGE s’est montré trop maladroit et trop peu inspiré en attaque pour se sortir facilement de ce derby genevois.

En constante progression depuis l’ouverture de la saison et son épopée européenne, les Carougeois avaient toujours su hisser leur niveau de jeu à la hauteur de leur adversaire, alors que dans ces play-off, face à Genève, ils donnaient l’impression de subir le rythme imposé par leur adversaire, pris dans le tempo des Genevois lesquels avaient optés pour ‘’la défense des forts’’ à savoir un pressing quasi permanent tout au long de la série. Un choix pas anodin et logique puisque débarrassés de leur bourreau de la phase régulière (14 buts pour Romain BLARY en deux matches).

« A vaincre sans péril on triomphe sans gloire.. » avait cité le coach de Carouge dans sa réaction en fin de match. Alors oui, certes acquise dans la douleur, cette première qualification pour les demi-finales est encore plus belle au bout d’une série âprement disputée, avec un total de 19 buts marqués et 15 buts encaissés soit une petite différence de 4 buts sur les trois rencontres.

Grâce à cette qualification, c’est donc d’ores et déjà pour l’équipe du président Pierre BISCHOFBERGER une place assurée dans les quatre premiers du championnat, du jamais vu pour les supporteurs et amoureux du club. La demi-finale contre Kreuzlingen dans deux jours nous indiquera si Carouge peut ambitionner un podium, soit l’une des deux premières marches en cas de victoire, soit la troisième en cas de défaite. Soyons lucides et objectifs, sans la présence de Romain BLARY la pointe du CANA (toujours en convalescence en raison d’une fracture à l’auriculaire de la main droite), atteindre le podium sera très compliqué, d’autant plus que face à Kreuzlingen pour cette demi-finale, il faudra engranger trois victoires pour remporter la série.

D’ailleurs son retour probable devrait certainement intervenir après la série de Kreuzlingen afin d’optimiser une éventuelle série pour la troisième place. Certes, il y a une infime chance de le voir jouer dans la série de Kreuzlingen, tout dépendra de son ressenti et du feu vert médical. Il serait peu judicieux de prendre un risque d’un retour prématuré, même si l’appétit venant en mangeant, la possibilité de jouer une finale doit effleurer quelques esprits.

Le match

En analysant ce match une nouvelle fois diffusé en live, avec le recul, Genève peut nourrir quelques regrets. Solide défensivement, la bateau genevois pris l’eau offensivement, avec un désastreux 0% ‘’en zone plus’’ puisqu’aucun but ne fut marqué malgré huit situations dont trois supériorités sans prendre un tir pour les joueurs de Kresimir RAJIC. Privés de Damien MONTOYA sanctionné d’une faute disqualifiante, lors du match 2, la défense de Genève a su pourtant contenir l’attaque adverse, coupant les passes entre les pointes de Carouge et ses joueurs de champ. Menés d’un but à l’issue de la première période (2-3), les Genevois, très appliqués et déterminés à confirmer leur victoire obtenue trois jours plus tôt, recollèrent au score grâce à ce diable de MRAVIK, sur penalty (3-3) puis sur une action individuelle en pointe (3-4) donnant même l’avantage aux siens. C’est Raphaël PIRAT sur une belle gestion en ‘’zone plus’’ qui égalisa pour Carouge (4-4). Un score parité à la mi-temps, MRAVIK hélas pour son équipe fut beaucoup moins inspiré ensuite.

C’est en inscrivant son troisième but de la rencontre d’un superbe tir à rebond à 5’30’’ du coup de sifflet final, que Raphaël PIRAT délivra les siens et les nombreux spectateurs venus soutenir leur équipe (7-4). Avec trois buts d’avance et ce malgré plus de la moitié de la quatrième période à jouer, la tension avait nettement baissée, et on pouvait enfin voir les visages se détendre au bord du bassin côté supporters carougeois. Le dernier mot fut pour Matthieu MARCONI (7-5), encore très remuant hier soir, une réduction au score sans conséquence.

Un troisième match entre les deux équipes dans lequel le tournant survint en début de troisième période lorsque l’un des deux arbitres de la rencontre prit la décision d’exclure simultanément pour comportement antisportif, les deux capitaines respectifs, à savoir Martin MAVRIK pour le GEN 1885, et Samuel BAERTSCHI pour le CANA. Le score était alors en faveur de Carouge (5-4), un score serré qui confirmait alors l’impression des deux premiers matchs de la série. Deux équipes au coude à coude, Carouge et sa défense de zone pour limiter l’apport de Martin MRAVIK en pointe, et Genève qui pressait les attaquants adverses afin de les repousser au large et limiter le jeu en pointe.

Alors que pour la première fois dans cette série la pointe slovaque MRAVIK avait pris le dessus face à son adversaire attitré Kyriakos PONTIKEAS, provoquant deux fautes pour le défenseur du CANA, le capitaine genevois, dans un surplus d’agressivité sur Samuel BAERTSCHI, mis déjà son équipe en infériorité numérique sanctionnée par un tir imparable de Matthieu MARECHAL dans la lucarne opposée (5-4). Sur l’engagement qui suivit, c’est encore Samuel BAERTSCHI qui fut en défense sur son homologue, puisque PONTIKEAS avec deux fautes graves ne pouvait pas risquer de se voir à nouveau sanctionner, synonyme de fin de match pour lui. Déjà à la lutte quelques minutes plus tôt, les deux capitaines se livrèrent à un duel sans ballon pour obtenir la position préférentielle, et dans ce ballet à deux avec remous sans savoir qui tient l’autre, c’est fort logiquement que les deux joueurs furent renvoyés sur le banc avec une exclusion définitive de part et d’autre.

Un vrai tournant dans cette rencontre, puisque à la fois sans leur force offensive numéro un, Genève se montra très peu dangereux en attaque mais surtout, Kyriakos PONTIKEAS, libéré de sa tâche défensive en pointe, pu enfin sortir de sa boite en chipant deux ballons sur le porteur de balle en périphérie, grâce à une défense au pressing comme lui seul est capable de le faire. Avec cette agressivité retrouvée en défense impulsée par leur numéro 7, les espaces s’ouvraient aux attaquants du CANA, et c’est fort logiquement que PIRAT doubla la mise en phase de transition, attaques rapides (6-4 puis 7-4).

Les stats de la rencontre

Pour CAROUGE :
Pirat (3) ; Ardisson (1) ; Maréchal (1) ; Malaspinas (1) ; Pontikeas (1).
Penalty : 1/2 ; Zone Plus (3/8)
Fautes personnelles : 8 ; Penalty : 2 ; EDA pour attitude inconvenante : Samuel BAERTSCHI

Pour GENEVE :
Mravik (3) ; Marconi (1); Carrieri (1).
Penalty : 1/2 ; Zone Plus (0/8)
Fautes personnelles : 8 ; Penalty : 2 ; EDA pour attitude inconvenante : Martin MRAVIK

« Je suis très amer par la décision prise d’exclure notre pointe MRAVIK, nous étions parfaitement dans le match même si en zone plus on a été très mauvais… »

Kresimir RAJIC (entraîneur Genève)

« Je m’attendais à une série âprement disputé face à Genève avec ce contexte de derby local, le derby de la Romandie, ce fut le cas, avec tout le contexte historique entre les deux clubs. Les plus belles victoires sont souvent celles acquises dans la douleur, cela n’a pas échappé à la règle, Genève a tout fait pour remporter la série et je vous avoue que j’aurais été déçu pour les garçons si nous avions été éliminés par un cinquième ou sixième du championnat alors que nous venions de finir troisième. Je suis fier de l’équipe qui a su respecter à la lettre le schéma défensif même si en attaque sans Romain on a souffert, mais les joueurs ont su rester solidaires et c’est l’essentiel. La suite on verra ce qui nous attendra … »

Frédéric DURAND (entraineur de Carouge)

« C’est la concrétisation d’une très belle saison avec une super troisième place à l’issue de la phase régulière. Nous avons encore beaucoup de choses à travailler dans le futur notamment l’incorporation de nos jeunes joueurs. Savourons cette victoire qui nous assure au pire de la quatrième place soit le meilleur résultat de notre club dans son histoire et si jamais on parvient à mieux alors ce serait… une deuxième voire une troisième cerise sur le gâteau… !!! »

Pierre BISCHOFBERGER (Président de Carouge)

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